Voiture électrique d'occasion : un record de ventes en mars 2026

Publié le 28 07 2026 - par Gilles Aubry

Le marché de l'électrique d'occasion en plein essor

Le marché de l'électrique d'occasion vient de franchir un cap inédit en France. En mars 2026, plus de 20 000 modèles 100 % électriques ont changé de main sur le marché de la seconde main, un niveau jamais atteint. Alors que l'occasion recule globalement, cette catégorie tire son épingle du jeu.

Longtemps cantonné à une niche, l'électrique d'occasion pesait à peine 3 % des transactions en 2025. La flambée du carburant, la baisse des prix affichés et l'arrivée de jeunes modèles issus des flottes et du leasing ont rebattu les cartes plus vite que prévu.

Pourquoi parle-t-on d'un record historique ?

Le contexte général reste morose. En mars, le marché du véhicule d'occasion a totalisé 480 781 immatriculations, soit une hausse brute de 1,8 % mais un recul de 2,9 % à nombre de jours ouvrés comparable, selon NGC Data. Sur le premier trimestre, le cumul reste négatif à -2,7 % avec 1 340 917 transactions.

Sur un vaste parc de véhicules électriques d'occasion, trois vendeurs en chemises examinent des berlines l'un notant sur une tablette, les rangées de voitures neuves s'étendant à l'arrière-plan.

Au milieu de ce marché en petite forme, les motorisations électrifiées tranchent nettement. L'essence recule de 2,2 %, le diesel de 4,6 %, tandis que l'électrique et l'hybride progressent de 25,2 % et pèsent désormais 18,2 % de l'occasion.

Pour le seul 100 % électrique, la hausse grimpe à 43,2 % sur un an, avec 20 140 véhicules immatriculés sur le mois. Selon AAA Data, la part de marché de l'électrique d'occasion est passée d'environ 3 % en 2025 à 4 % en mars 2026, une marche franchie en un an.

Cette accélération prolonge une tendance déjà visible en 2025 : Avere-France et Mobilians ont recensé 177 886 véhicules électriques d'occasion sur l'année, en progression de 30 % sur 2024. Les projections évoquent près de 250 000 ventes pour 2026, soit encore 40 % de plus.

Quels facteurs poussent les acheteurs vers l'électrique ?

Deux moteurs se conjuguent. Depuis fin février, la tension géopolitique a fait grimper le brut, et le prix moyen de l'essence dans l'Union européenne a augmenté d'environ 12 % en trois semaines pour atteindre 1,84 €/l, dépassant souvent 2 €/l en France selon des données relayées par Reuters. Chez Aramisauto, la part de l'électrique en occasion a presque doublé entre mi-février et début mars, passant de 6,5 % à 12,7 %.

Dans le même temps, les tarifs se détendent. Le prix moyen des annonces sur AutoScout24.fr est tombé à 30 511 € en mars 2026, en baisse de 5 % sur un an, son plus bas niveau depuis avril 2023.

Automobiliste branchant le câble de recharge de sa voiture électrique compacte devant une borne urbaine

L'écart avec le neuf se resserre aussi. En 2025, une électrique d'occasion de moins de trois ans se négociait en moyenne 32 261 €, environ 16 % de moins que le neuf hors bonus. Les acheteurs surveillent toujours les batteries, mais Avere-France rappelle qu'elles peuvent durer 15 à 20 ans en usage automobile avant une seconde vie stationnaire.

Quels modèles alimentent ce marché ?

La dynamique se concentre sur les jeunes occasions. Pour les véhicules d'un an et moins, hybrides et électriques représentent déjà 65,6 % des ventes en mars 2026, contre 49,8 % un an plus tôt. À l'inverse, les modèles de 11 à 15 ans restent dominés à 66,7 % par le diesel.

  • Renault Zoe et Peugeot e-208, valeurs sûres du segment urbain
  • Fiat 500 électrique, très présente en occasion récente
  • Tesla Model 3, référence des berlines rechargeables

Ces voitures sont revendues à 84 % par des professionnels, contre 76 % pour les thermiques. Les délais de revente restent plus longs, autour de 161 jours contre 139 pour un thermique au dernier trimestre 2025.


La suite de l'année dira si mars restera un pic isolé ou le nouveau rythme de croisière.

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